lundi 1 avril 2013

I Want You : Toi, de Zoran Drvenkar


Zoran Drvenkar, j'en avais beaucoup entendu parler pour son premier roman et thriller "Sorry".
Et c'était donc "Sorry" que je voulais lire, sauf qu'arrivée en librairie, c'est sur ce "Toi" et son affreuse couverture tape-à-l'oeil rouge vif à bouche hurlante que j'ai fini par jeter mon dévolu [mais je suis faible devant les techniques marketing sans scrupule des éditeurs].


C'est laid, non?
Toi
Zoran Drvenkar
Editions Sonatine

 L'histoire:



"Toi", ce sont d'abord deux histoires parallèles qui semblent n'avoir aucune raison de se croiser (parallèles quoi...). D'un côté, le Voyageur, ce mystérieux tueur de masse. Insaisissable, il opère à intervalles irréguliers, et sans motif apparent. De l'autre, une bande de copines: 16 ans, berlinoises, en conflit avec leurs parents, des histoires de coeur tragiques, bref, des ados. Sauf qu'un jour, elles vont trouver 5 kg d'héroïne chez l'une d'entre elles. Et à partir de ce moment, elles vont être prises en chasse, une chasse à l'homme qui va les entraîner jusqu'en Norvège, dans un hôtel au fin fond d'un fjord, où se trouve également un certain Voyageur...

"Un village, trente-huit maisons, cinquante-neuf habitants. Tu n'en laisses aucun en vie. "


Mon avis:


La première chose qui frappe dans ce livre, c'est la forme. Chaque chapitre nous met tour à tour dans la peau de l'un des personnages, jusque là, rien de bien transcendant. Mais, suite logique du titre accrocheur "Toi", le livre est écrit à la 2nde personne du singulier.

"Tu n'es plus. Quand tu te déplaces, autour de toi l'air reste immobile. Pas un souffle. Tu parles et c'est le silence qui te répond. Tu es là sans être là. "

Cela peut paraître bien peu de choses, mais cela rend l'écriture très agressive, presque déroutante. J'ai même eu un peu de mal à m'y habituer pendant les premiers chapitres. Et puis on s'y fait, et finalement, on rentre peut-être encore mieux dans l'intrigue, on est happé par elle, on en devient une partie intégrante. Cette écriture sied aussi à l'histoire, violente, au rythme soutenu. Bref, un bel exercice de style que nous livre Drvenkar, parfaitement adapté à son récit.

Mais sur le fond, cette histoire, elle me laisse quand même un petit goût amer. Pas qu'elle ne soit pas prenante, loin de là, pas qu'elle ne soit pas pleine de rebondissements non plus (on a même droit à un twist final plutôt intéressant), mais parce qu'avec un tel style, je ne pouvais m'attendre qu'à une intrigue ultra percutante au final épatant. Et finalement, non. Dans l'absolu, on a un bon polar qui sait tenir son lecteur en haleine, avec des personnages riches et intéressants (et de bonnes têtes à claques aussi d'ailleurs), nul doute là-dessus. Mais malheureusement, ce n'est pas tout à fait suffisant pour suivre la forme, qui elle est vraiment bluffante.
Dommage... même si ça ne m'empêchera pas de me lancer dans la lecture de "Sorry".


Note: 7/10



Salsifi Papillon

3 commentaires:

  1. Ah, une critique un peu plus en demi-teinte comparée à toutes celles qui fleurissent, ça fait du bien, ça redonne le sens des réalités ! J'ai envie de le lire mais son autre roman, Sorry, m'a un peu déçue (il y avait tant de critiques dithyrambiques, je m'attendais à un truc exceptionnel du coup et puis, bah, non) donc je patienterai ^^.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est le problème, tellement de critiques élogieuses ("révolutionnaire", comparaisons à Stieg Larsson...) qu'on ne peut qu'être déçu à la lecture quand on se rend compte que oui, c'est bien, mais bon, pas de quoi casser 3 pattes à un canard quoi!

      Supprimer
  2. Intéressant comme avis. Ça donne toujours envie de découvrir cet auteur, mais on sait que ces romans ne seront pas forcément à la hauteur des attentes qu'on peut avoir suite aux argumentaires commerciaux. J'avais noté cet auteur au détour d'une librairie. Je ne regrette pas ma prudence.

    RépondreSupprimer