vendredi 19 avril 2013

Balade dans le Norrland : Incurables, de Lars Kepler


Je n'ai eu aucun mal à trouver ma première lecture pour le challenge Thrillers et policiers scandinaves organisé par Emmanuelle. Il faut dire que mon inscription coïncidait tout juste avec la sortie du dernier roman du couple d'écrivains suédois Alexandra et Alexander Ahndoril, plus connu sous le pseudonyme Lars Kepler.
Malgré ses (nombreux?) défauts, j'avais dévoré leur premier roman, "L'Hypnotiseur", et même si j'avais beaucoup moins apprécié le second opus, "Le Pacte", j'avais envie de connaître la suite des aventures de leur héros, l'inspecteur Joona Linna..





Et encore une jolie couverture pour la collection Actes Noirs
Incurables
Lars Kepler
Editions Actes Sud

 L'histoire:


Nord de la Suède, dans un foyer spécialisé pour adolescentes en difficulté (comprendre : violentes et/ou nevrosées). Une des patientes, Miranda, est retrouvée sauvagement assassinée en chambre d'isolement, ses mains cachant son visage. Un peu plus tard, c'est le cadavre de l'infirmière de garde qui est découvert aux abords de l'établissement. Les soupçons de la police se portent tout de suite vers Vicky, elle aussi patiente au sein de ce foyer. Et pour cause : la jeune fille est introuvable, et un marteau ensanglanté est retrouvé sous son oreiller. Les seuls à douter de la culpabilité de Vicky sont Daniel, éducateur au sein de l'établissement, mais aussi époux de la défunte infirmière, et Joona Linna, inspecteur à la Rikskrim. Ce dernier, sous le coup d'une enquête interne, ne peut participer officiellement aux investigations, mais il sera toutefois nommé observateur sur l'affaire afin d'assister la police locale. Il va donc faire tout son possible pour démêler le vrai du faux dans cette histoire sordide, allant même jusqu'à se faire aider d'une soi-disant médium...

"Il ouvre délicatement la porte et balaye la pièce avec sa lampe torche. La scène qu'il découvre est d'une violence telle qu'il vacille et doit s"appuyer contre le montant de la porte.
Il détourne instinctivement le regard mais cela ne sert à rien, il a eu le temps de voir l'inimaginable. Dans ses oreilles, le bourdonnement de son pouls se confond désormais avec le bruit du sang qui goutte sur le sol.
 "


Mon avis:


Meurtres ultra-violents, perversions diverses et variées, héros tourmenté au sombre passé... Je lis beaucoup de polars ces derniers temps, et il faut bien avouer qu'ils commencent à tous se mélanger dans ma tête tellement les ressemblances sont frappantes, et peut-être particulièrement ceux qui nous viennent du pays des Trois Couronnes d'ailleurs. La faute à la saga Millenium et son succès phénoménal ici et outre-atlantique? Peut-être... Après tout, les écrivains doivent bien vivre, et ça n'empêche pas de tomber sur quelques bonnes surprises dans le lot.

Mais revenons plus spécifiquement à "Incurables". Intrigue relativement classique, mais dans l'ensemble plutôt attractive et bien menée. La construction du roman est elle aussi tout ce qu'il y a de plus traditionnelle (pas de retour à la double narration et aux flash backs comme cela était le cas pour "L'Hypnotiseur"), simple mais efficace avec ce qu'il faut de rythme et de rebondissements pour tenir le lecteur en haleine. Ce n'est pas franchement très bien écrit, mais ça se lit bien (comme les précédents au passage), alors on leur pardonne, et on rejette une partie de la faute sur une traduction peut-être un peu hasardeuse.
En bref, rien de transcendant, mais un bon polar tout de même, en tout cas jusqu'au dénouement. Parce que là, c'est le drame:  en quelques pages, Mister Linna nous fait 3 petits tours et ça y est, tout est limpide, tout est résolu. Témoignages parachutés, personnages clés introduits à la va-vite, et un mobile qui se veut évidemment le résultat de toute une suite d'évènements plus ou moins tragiques, mais qui se révèle en fait bien peu crédible. Pouf, rideau sur l'enquête. 

Mais le livre n'est pas fini pour autant. Ah ben non, on suit encore un petit peu Joona Linna, ce héros un peu agaçant sur les bords, le beau gosse ténébreux qui a toujours raison, celui dont on ne sait rien de son passé mais dont on devine qu'il est fait de violence et de souvenirs douloureux... Sauf que cette fois, voilà, tout d'un coup, on va en apprendre beaucoup sur lui. Là-encore grâce à un tour de passe-passe, les auteurs nous jettent à la figure révélation sur révélation, tout ça pour terminer par un cliffhanger annonçant la couleur du prochain opus (et qui a des sacrés relents de "Chuchoteur", hum...). Et bing. Mais bon, je l'ai dit moi-même: les écrivains doivent bien vivre, non ?

Note: 5/10







Salsifi Papillon

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