mercredi 19 mars 2014

L'Exil: Loin des yeux de ma mère, de Vuong Buy Binh

Pour changer, une lecture bien éloignée de mes habituels thrillers: l'autobiographie d'un jeune Vietnamien qui a fui son pays natal pour venir trouver refuge en France. Et au final, rien de si étonnant que ça dans ce choix , puisque je raffole de ces histoires (vraies ou non) qui permettent de plonger en plein coeur des cultures asiatiques que j'affectionne tant.


Loin des yeux de ma mère
Duy Binh Vuong
Editions First

 L'histoire:

 

Binh naît à Saigon en 1968, d'un père distant mais débrouillard, engagé dans la révolution communiste, et d'une mère aimante et dévouée à sa famille. Tout petit, Binh connaît la guerre, puis l'avènement de la révolution communiste. Ses parents, pourtant partisans de la première heure, finissent par déchanter devant les injustices du régime et décident de quitter leur pays. Confrontés à de nombreuses difficultés, c'est seul avec son jeune cousin que Binh va embarquer sur un "boat people". Son exil va le conduire en France où, de foyer en foyer, il tentera de faire venir le reste de sa famille.


"Lorsque ce sont des tirs de canon, il faut attendre le son strident qui accompagne le passage de l'obus au-dessus de la tranchée pour se savoir épargné. Etre attentif au cheminement des engins de mort n'évite pas le danger, mais permet d'espérer."


Mon avis:

 

Loin des yeux de ma mère, c'est évidemment et avant tout le récit d'un exil, d'une vie d'enfant réfugié qui quitte tout en espérant trouver une terre d'asile accueillante. Mais c'est aussi une immersion en plein coeur d'une famille vietnamienne : père, mère, grand-parents, cousins..., mais aussi maîtresse, voisins, demi-frères, avec tout ce que cela comporte comme secrets et soucis de cohabitation. A travers les yeux du jeune Binh, on découvre le quotidien d'une famille plutôt heureuse, mais qui n'échappe pas aux difficultés. Père absent, manque d'argent, guerre, Binh nous livre avec innocence (et presque avec des mots d'enfant) son ressenti sur cette enfance un peu particulière.

Puis arrive l'exil proprement dit. Raconté avec pudeur et sensibilité, on vit ce périple éprouvant pratiquement aux côtés de l'auteur. Et enfin, c'est l'arrivée en France, le soulagement, mais aussi le début de nouvelles épreuves. L'enfant doit affronter les foyers, la solitude, mais aussi l'administration, car le jeune garçon veut absolument faire venir sa famille restée au pays. Et là encore, on se prend au jeu de ce récit touchant mais qui ne tombe jamais dans le piège de l'apitoiement ou du pathos.

En bref, un beau témoignage, émouvant, et écrit avec beaucoup de simplicité et d'optimisme.

Merci aux Editions First et à Babelio.

Note: 8/10




Salsifi Papillon

dimanche 16 février 2014

Challenge "Cluedo littéraire": Jane Eyre, de Charlotte Brontë

Deuxième (et dernière) lecture pour cette 1ère phase de ce challenge.

Pour rappel, les consignes de cette première session du cluedo littéraire étaient les suivantes:

- Lire un livre d'un auteur anglais (tous les pays du Royaume Uni comptent l'Irlande aussi donc)
- Lire un livre en rapport avec une saison ( dans le titre ou dans l'intrigue)
- Lire un drame (il vous suffit de regarder si votre livre est classé dans la catégorie "drame" dans Bibliomania)


Donc je suis partie sur un drame anglais, un classique que je voulais lire depuis longtemps, mais que je n'osais pas ouvrir (mes a priori sur les classiques, et a fortiori ceux qui relatent des histoires d'amour, ont la vie dure).


Jane Eyre
Charlotte Brontë
Editions Pocket

 L'histoire:


Jane Eyre est une jeune orpheline. Recueillie par sa tante Mme Reed, une femme aisée aux enfants gâtés, elle doit subir les moqueries et maltraitances diverses de toute cette petite famille qui lui est imposée. Après plusieurs conflits, elle est finalement envoyée dans un pensionnat de jeunes filles où elle passera son adolescence, puis où elle deviendra enseignante.
Désireuse de voir autre chose du monde, elle se trouve une position de gouvernante chez M. Rochester, dont elle est chargée d'instruire la jeune protégée, Adèle. Rapidement, Jane va développer des sentiments amoureux pour le mystérieux maître des lieux, mais leur romance va être parsemée d'embûches...

"Il est vain de dire que les êtres humains devraient se satisfaire de la tranquillité ; il leur faut de l'action et s'ils ne peuvent la trouver, ils la créeront. "


Mon avis:

 

Jane Eyre est le premier livre d'une des soeurs Brontë que je lis (oui, honte à moi). Et je dois bien avouer avoir commencé cette lecture à reculons. L'histoire d'une petite fille qui subit l'injustice, puis qui se lance dans une histoire d'amour compliquée, c'est quand même à peu près tout ce qu'il faut pour susciter mon désintérêt le plus complet.

Cependant, dès les premiers chapitres, je me suis trouvée entraînée par l'histoire, désireuse de connaître la suite des aventures de cette jeune fille si ordinaire et si particulière à la fois. Il faut dire que l'écriture de Charlotte Brontë est très juste, sans jamais tomber dans le sentimentalisme outrancier, la niaiserie ou le pathos. Alors on se prend d'affection pour la jeune héroïne, on la suit dans ses désarrois comme dans ses bonheurs, qui se succèdent avec ce qu'il faut de rythme pour ne jamais ennuyer le lecteur.

Et au-delà de cette histoire d'amour intemporelle, qu'à mon grand étonnement j'ai donc suivi avec plaisir, j'ai apprécié ce tableau de l'ère victorienne que nous dépeint Charlotte Brontë. Les us et coutumes, la condition de la femme, le statut social..., tout cela nous est décrit de manière authentique et vivante, nous plongeant au sein de la société anglaise du 19ème siècle presqu'à la manière d'un documentaire. Le contre-coup qui va par contre avec (si on peut vraiment le qualifier de manière négative), c'est le côté presque désuet et manquant de naturel de l'expression des protagonistes. Certains dialogues sonnent donc quelques fois de manière un peu étrange pour le lecteur du 21ème siècle (en tout cas, pour celui qui comme moi, n'est pas un habitué du genre), mais quelque part, c'est aussi un trait caractéristique de l'oeuvre qui participe de son charme.


Ce billet enthousiaste conclut donc pour le moment ma participation au challenge Cluedo Littéraire. Je ne participe pas à la 2nde session, mais je vais suivre les lectures de mes coéquipières (et aussi de nos "adversaires" ;-) ), en attendant la 3ème phase, à laquelle j'espère pouvoir participer.
Bonne continuation sur ce challenge à toutes !

Note: 8/10




Salsifi Papillon

vendredi 14 février 2014

Challenge "Cluedo Littéraire" : La Ferme des Animaux, de George Orwell

Et voilà, ça n'a pas traîné, 1er challenge de l'année, et j'ai failli complètement le laisser passer vu que j'ai été absente du net ces dernières semaines.
On va essayer de sauver les meubles en se rattrapant au dernier moment...

Les consignes de cette première session du cluedo littéraire étaient les suivantes:

- Lire un livre d'un auteur anglais (tous les pays du Royaume Uni comptent l'Irlande aussi donc)
- Lire un livre en rapport avec une saison ( dans le titre ou dans l'intrigue)
- Lire un drame (il vous suffit de regarder si votre livre est classé dans la catégorie "drame" dans Bibliomania)


Je n'ai à vrai dire pas été chercher très loin, car j'avais deux classiques de la littérature britannique qui traînaient depuis un moment dans ma PAL (il faut dire que c'est assez éloigné de mes lectures habituelles...), c'était l'occasion.
Ma 1ère lecture pour ce challenge a donc été ce court roman allégorique de George Orwell.


La Ferme des Animaux
George Orwell
Editions Folio

 L'histoire:


L'histoire prend place dans la ferme de M. Jones, dans la campagne anglaise. Les animaux, las d'être exploités par les humains, décident de se révolter. Menés par les cochons Napoléon et Boule de Neige, tous les animaux vont s'allier pour chasser les occupants à deux pattes de l'exploitation agricole.
Livrés à eux-mêmes, ils vont alors mettre en place un véritable système politique et économique pour cohabiter et continuer à faire tourner l'exploitation. Malheureusement, les bonnes intentions vont rapidement se tranformer en une course sans merci de l'élite dirigeante pour le pouvoir et les privilèges.

"L'Homme est la seule créature qui consomme sans produire. Il ne donne pas de lait, il ne pond pas d'oeufs, il est trop débile pour pousser la charrue, bien trop lent pout attraper un lapin. Pourtant le voici suzerain de tous les animaux. "


Mon avis:

 

Une révolution des opprimés contre les oppresseurs, la mise en place d'un système juste et égalitaire (qui a dit utopique?),  puis la dégradation de ce système au profit des intérêts personnels... Pas besoin d'être agrégé d'Histoire pour reconnaître dans cette fable une critique non dissimulée du stalinisme.
Mais la force d'Orwell et de ce très court roman, c'est qu'il traverse sans peine les décennies et les gouvernements successifs: son universalité est applicable à tous les totalitarismes, passés ou actuels.

Et même s'il n'a pas l'impact que peut avoir 1984 du même auteur, La Ferme des animaux ne peut que pousser à la réflexion. Réflexion sur la nature humaine, inévitablement égoïste, même quand elle est pourvue des meilleures intentions, sur la manipulation de masse, sur la (les) liberté(s), ou tout du moins celle(s) qu'on pense avoir.

Mais peut-être qu'Orwell va un peu trop loin dans son analyse et sa critique sans pitié du communisme à la soviétique, et plus généralement de notre espèce. Ou peut-être qu'il ne va justement pas jusqu'au bout. Parce qu'il faut bien dire que tout n'est que cynisme et noirceur dans cette ferme, on ne voit pas une seule lueur d'espoir, pas une seule porte ouverte sur quelque chose qui aurait pu être positif. Ce manichéisme, même si on peut légitement se questionner sur le fait qu'il soit infondé ou non, en devient parfois presque indigeste.


Lecture donc un peu mitigée pour ce classique. Bien dommage ce manque de subtilité d'Orwell, car j'avais adoré 1984, et je dois avouer que je m'attendais à quelque chose du même acabit.

Note: 6/10




Salsifi Papillon

jeudi 30 janvier 2014

En images: Aokigahara, La forêt des suicidés, de El Torres & Gabriel Hernandez

Drôle de bestiau que cette bande dessinée... Tout transpire le Japon: le titre, le lieu de l'histoire (à côté du mont Fuji), son thème (une légende de revenants locale), la potentielle adaptation cinématographique par nul autre qu'Hideo Nakata (Ring, Dark Water, etc)..., et pourtant, ce sont deux Espagnols qui ont écrit et dessiné cette BD. Alors, qu'est-ce que ça peut bien donner?



Ghost story japonaise à la sauce espagnole
Aokigahara, La forêt des suicidés
El Torres (scénario), Gabriel Hernandez (dessins)
Editions Atlantic BD


L'histoire:

 

Ryoko est garde-forestier dans la tristement célèbre forêt d'Aokigahara. Cette dernière est réputée pour être un des lieux favoris de suicide au Japon, et ce, depuis des siècles. Ryoko a pris l'habitude d'y cotôyer la mort et n'hésite pas à avoir recours à des rites ancestraux pour apporter la paix aux nombreux défunts du bois.
De son côté, Alan, Américain installé depuis peu au Japon, se sépare de sa petite amie Masami. Rongée par le chagrin, la jeune femme décide de mettre fin à ses jours à Aokigahara. Mais son esprit ne trouvera pas le repos et reviendra hanter Alan.




Mon avis :

Soyons clairs, Aokigahara, La forêt des suicidés ne brille pas par son originalité. Aokigahara existe, la légende qui y est associée est plutôt connue, et les deux Espagnols n'ont fait qu'y greffer une traditionnelle histoire de fantômes à la japonaise, avec tout le côté mélodramatique habituel. Même la société japonaise y est d'ailleurs dépeinte sans qu'aucun des poncifs habituels ne soit oublié.
Ce n'est donc pas là où réside la force de cette bande dessinée.

Là où le pari est plutôt réussi, c'est dans l'esthétisme: dur, glaçant, inquiétant. Tout est sombre et oppressant, majoritairement en nuances de gris et noir avec quelques angoissantes touches de rouge (sang, évidemment). L'effet est saisissant et piège le lecteur autant que l'effroyable forêt piège ses âmes perdues.
Ajouté à un rythme savamment calqué sur celui d'un film d'horreur, on ne peut que se prendre au jeu et trembler en même temps que les protagonistes de l'histoire. A un tel point qu'on en est presque frustré quand arrive le final de cette (très) courte bande dessinée: on aurait bien repris une petite louche de frisson.

A noter que l'histoire principale est suivie d'une preview d'une autre oeuvre des deux mêmes auteurs: Le Voile des Ténèbres, ou l'histoire d'une jeune détective qui peut voir et communiquer avec les défunts. Affaire à suivre probablement assez prochainement sur ce blog, car la mise en bouche était assez alléchante!



Note: 7/10





Salsifi Papillon

mardi 28 janvier 2014

Challenge : Printemps coréen #2

Un jour, pas si lointain, j'ai dit que je supportais mal la contrainte et avais donc beaucoup de difficultés à suivre correctement un challenge. En conséquence, 2014 serait une année très limitée en challenges.
Mais évidemment, ça, c'était avant.

Coccinelle de La culture se partage a annoncé il y a peu un 2ème volet à son challenge Printemps coréen, auquel j'avais participé en 2013. La Corée est un pays que je connais peu d'un point de vue littéraire, à mon grand regret, et c'est donc pour continuer à découvrir un peu plus cet aspect là que je me réinscris cette année.







Même principe que l'année passée, l'idée est de parler de la Corée sous tous ses aspects possibles: littérature, gastronomie, arts, cinéma... Le petit plus de cette année, c'est que le challenge est rallongé et est ouvert du 31 janvier au 20 juin 2014, et ça, c'est plutôt sympa!

Vous trouverez plus d'infos (inscriptions notamment) sur le blog de Coccinelle.

Pour ma part, j'ai déjà trouvé ma 1ère lecture (Les petits pains de la pleine lune, de Byeong-Mo Gu). Cette année sera peut-être aussi l'occasion de parler de cinéma coréen (puisque ça, je connais mieux), mais mieux vaut que je ne m'avance pas trop!

Sur ce, bonne fin de semaine à tous vu que je m'absente un court moment pour me rendre au Festival du film fantastique de Gérardmer (mais comme cette année, je suis organisée, j'ai planifié un billet tout de même, pfiou). A la semaine prochaine!


Salsifi Papillon

dimanche 26 janvier 2014

Les revenants: L'Ecorchée, de Donato Carrisi

Fort du succès de son premier roman (Le Chuchoteur) et de sa fausse suite (Le Tribunal des âmes), Carrisi nous a livré cette fin 2013 la véritable suite des enquêtes de Mila.
J'avais adoré les deux livres cités plus haut, et même si je ne voyais pas d'intérêt de donner une suite au Chuchoteur (qui se suffit très bien à lui-même), je me suis forcément penchée sur cette dernière sortie de l'auteur italien.


L'Ecorchée
Donato Carrisi
Editions Calmann-Lévy

 L'histoire:

 

Depuis la clotûre de l'affaire du Chuchoteur, Mila a préféré s'éloigner de la traque des meurtriers et a demandé sa réaffectation au service des "Limbes", qui s'occupe de la recherche des personnes disparues. Et pourtant, quand quelques unes de ces personnes disparues vont réapparaître pour commettre des crimes, Mila va devoir se relancer dans la chasse aux monstres.


"Le gardien des morts actionna le levier pour procéder à l'ouverture du casier. Le dormeur allait être réveillé."


Mon avis:

 

L'Ecorchée, encore un des ces livres où il ne faut pas trop en dévoiler pour éviter de ruiner l'intrigue aux futurs lecteurs.
Contrairement au Tribunal des âmes où elle n'apparaissait qu'en clin d'oeil, on retrouve bel et bien dans cet opus Mila, la'intrigante héroïne qui ne ressent aucune émotion. Cependant, les affaires du Chuchoteur et de l'Ecorchée sont bien distinctes, et les deux livres peuvent donc être lus indépendemment (même si je conseillerais tout de même la lecture préalable du Chuchoteur, histoire de ne rien louper dans cette suite).

Dès le début, on retrouve le procédé utilisé par Carrisi dans le Chuchoteur : narration suivant les personnages principaux entrecoupée de courts chapitres mystérieux. Le système est imparable pour garder un suspense constant, et on n'a aucune envie de décrocher en cours de lecture. Quant à l'intrigue, là encore, l'auteur sait ce qu'il fait: riche et originale, rien n'y est laissé au hasard. Les rebondissements sont savamment placés aux moments clés de l'enquête et permettent de conserver une tension constante jusqu'au final, intense et bluffant.

Là où Carrisi est très fort également, c'est au niveau de la construction des personnages. Mila est une héroïne dure, troublée et troublante, et pourtant, on s'attache à elle, on arrive même à la comprendre. Ce tome en dévoile beaucoup plus sur elle et son histoire, la rendant plus humaine, mais sans tomber dans la surenchère qui pourrait nous détourner de l'intrigue principale. Carrisi a également choisi d'introduire un second protagoniste: Berish, brillant, mais rejeté par ses pairs au sein de la police. Ce duo improbable de marginaux fonctionne sans problème, avec beaucoup de cohérence et de crédibilité.


Très bonne lecture donc, et pour une fois, une suite à la hauteur de mes espérances. Je ne mettrai qu'un bémol: la fin pourrait laisser présager d'une nouvelle suite. En soi, rien de dramatique, mais la lecture de ce troisième roman de Carrisi laisse transparaître un certain motif, une certaine façon de faire, qui pourrait finir par devenir tout simplement une marque de fabrique. A l'instar de Dan Brown, chez qui tout devient prévisible une fois qu'on a lu un ou deux de ses romans et compris sa façon de faire, si Carrisi continue sur ce chemin, ses romans pourraient devenir bien trop attendus et perdre tout leur intérêt. A surveiller.


Note: 9/10




Salsifi Papillon

mercredi 22 janvier 2014

Challenge "Hiver Suédois": Le Gardien de Phare, de Camilla Läckberg

Première chronique dans le cadre du challenge "Hiver suédois" de Marjorie. Je n'ai pas été très loin pour trouver cette lecture: je suis une habituée de Läckberg, et son dernier opus traînait dans ma PAL depuis sa sortie l'été dernier. Donc c'est parti pour la suite des aventures d'Erica et Patrik.


Chat européen et cheval de Dalécarlie
Le Gardien de Phare
Camilla Läckberg
Editions Actes Sud

 L'histoire:

 

Préambule: Le Gardien de Phare est le dernier tome (à ce jour) de la série de Läckberg consacrée aux enquêtes d'Erica Falck, écrivaine à succès, et Patrik Hedeström, policier. Chaque enquête est indépendante, mais il y a une continuité dans la trame de fond que constitue la vie des 2 protagonistes. Pas de spoiler ci-dessous, je n'en dirai pas plus que ce qui peut être trouvé en 4ème de couv.
Les tomes de la série sont :

  • La Princesse des Glaces
  • Le Prédicateur
  • Le Tailleur de Pierre
  • L'Oiseau de mauvais augure
  • L'Enfant Allemand
  • Cyanure (roman lié aux autres, mais ne faisant pas à proprement parler partie de la série)
  • La Sirène
  • Le Gardien de Phare

Tout commence par l'arrivée d'Annie dans l'archipel de Fjällbacka. Originaire de la région de Fjällbacka, elle a fui Stockholm avec son jeune fils pour se réfugier sur l'ïle de vacances de sa famille: Gräskar, ou la bien-nommée île aux Esprits. Là, elle y retrouve Mats, son amour de jeunesse, récemment revenu à Fjällbacka lui aussi. Après une courte entrevue, ils se séparent.
Le lendemain, Mats est retrouvé assassiné chez lui, à la surprise de tous. Patrik va commencer son enquête, aidé par Erica, amie d'enfance de Mats. Ils vont vite se rendre compte que si Mats était un comptable reconnu et apprécié, sa vie personnelle était bien plus mystérieuse. Petit à petit, on découvre des ramifications avec des milieux plus sombres: entre refuges pour femmes battues, histoires de fantômes et dealers de drogue, l'enquête continue.


"La plupart des hommes qui battent leur femme ou leurs enfants ne comprennent pas qu’ils agissent mal. A leurs yeux, c’est la femme qui est en tort. Il s’agit de pouvoir et de contrôle. "


Mon avis:

 

Aïe aïe aïe... Il n'y a encore pas si longtemps, je me serais décrite comme une inconditionnelle de Läckberg. Je l'avais découverte avec la Princesse des Glaces lors de sa parution française, et depuis, je suis assidument chacune de ses sorties. De bons polars, résolument féminins, mais avec des intrigues bien ficelées, et une narration fluide et efficace qui donne envie de ne pas lever le nez avant le final. Jusqu'à la Sirène. Pas que la lecture ait été foncièrement déplaisante, mais j'avais l'impression de me retrouver à lire une caricature des romans précédents plutôt qu'une suite. Et puis ce cliffhanger final destiné à ferrer le lecteur dans une attente insouuuuutenable quant au destin des personnages principaux. Mouaif.

Et bien malheureusement, le Gardien de Phare est du même tonneau. On retrouve le procédé narratif imparable de Läckberg: des chapitres très courts alternant tour à tour les points de vue des différents personnages, le tout entrecoupé de flashbacks inquiétants. Le problème n'est pas là, ça, ça fonctionne toujours plutôt bien, et on a envie de connaître la suite à chaque fois. Le problème, c'est que l'intrigue policière est dorénavant totalement noyée dans ce qui n'était avant qu'une toile de fond: la vie familiale des 2 protagonistes. Et là, c'est le déluge de pathos. La soeur qui n'arrive pas à gérer le deuil, les enfants délaissés, la culpabilité de l'héroïne, les couches, les biberons.... Comment dire, on s'en fout? Alors bien sûr, rentrer dans le quotidien des héros pour les rendre attachants, c'est normal, mais on s'attend quand même avant tout à lire un thriller et non pas La Maternité pour les Nuls il me semble? Trop, c'est trop, surtout qu'à force d'en rajouter des couches et des couches, la crédibilité de l'ensemble en prend un sacré coup. Même combat pour les personnages secondaires, devenus des carticatures d'eux-mêmes à force de faire toujours plus de boulettes plus énormes qu'eux.

Quel dommage, car sans être très originaux non plus, l'histoire, agrémentée de quelques touches de fantastique, et le thème abordé (la violence envers les femmes) sont malgré tout très forts et auraient pu être bien mieux exploités.





Note: 4/10




Salsifi Papillon

mardi 7 janvier 2014

Challenge : L'hiver suédois

Et voilà, je l'avais annoncé, le 2ème craquage challenge (en fait, c'était plutôt le 1er chronologiquement) de cette année 2014: l'hiver suédois" de Marjorie. Etant une grande amoureuse de ce beau pays nordique, je ne pouvais pas passer à côté.








Principe assez évident: il faut lire des oeuvres d'auteurs suédois ou se déroulant en Suède. Mais le challenge s'étend aussi à tout ce qui touche à la culture suédoise: lieux, nourriture... Je compte participer avec des chroniques littéraires bien sûr, mais peut-être qu'un article un peu plus varié sera aussi au programme!
Le challenge est ouvert du 1er janvier au 31 mars.

Première lecture au programme pour ma part: Le Gardien de phare de Camilla Läckberg.


Plus de détails et inscriptions sur le blog de Marjorie.


Salsifi Papillon